Introduction que nous ne traiterons pas ici. Enquête

Introduction et objectif.
En sciences sociales en général et en psychologie en particulier, l’enquête est une méthode qui fait
référence à un recueil systématique de données obtenues à partir d’un échantillon d’individus
représentatif d’une population parente donnée. Une enquête commence toujours par l’énonciation de
ses objectifs. Ceux-ci déterminent la population ciblée à partir de laquelle on crée un échantillon, ils
déterminent également les questionnaires auxquels cet échantillon devra y répondre. En effet, les
résultats d’une enquête dépendent dans une grande mesure de la manière dans laquelle on pose les
questions et le contexte dans lequel ces questions sont appliquées. Dans ce texte nous allons nous
occuper de deux techniques majeures de l’enquête, le questionnaire et les échelles.
La mesure en psychologie.
Les questionnaires que l’on applique lors d’une enquête ont des multiples formats et des multiples
facettes, deux grandes catégories de formats existent : des questionnaires fermés et des questionnaires
ouverts. Concernant le format du questionnaire fermé, on peut par exemple, adopter un format
d’évaluation (rating) ou un format de classement (ranking). Les formats d’évaluation demandent aux
participants de se positionner le long d’un continuum mesurant l’ordre de grandeur absolue d’un
construct psychologique, de se positionner donc sur une échelle (p ex. juger entre « très satisfaisant » à «
pas du tout satisfaisant »). Le format de classement demande aux sujets participants d’ordonner un
ensemble d’objet selon certains critères (e.g. du plus important au moins important). Ce sont les
modalités des échelles qui vont donner une forme finale aux questionnaires.
Avec les échelles d’évaluation on doit décider combien de points on doit utiliser pour chaque item.
Dans les questionnaires construits pour mesurer des opinions et des attitudes relatives aux
comportements, on trouve, entre autres, des échelles dichotomiques « par ex. oui – non » et des échelles
« d’accord – désaccord » qui peuvent comporter jusqu’à 11 points (e.g. échelles d’intervalles de
Thurstone).
Les formats à questionnaire ouvert trouvent leur expression classique dans les entretiens non structurés
et semi-structurés que nous ne traiterons pas ici.
Enquête : questionnaire et échelles. Eduardo MARQUEZ
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Le but général de ce cours est d’exposer les aspects les plus importants de la méthodologie associée aux
questionnaires et aux échelles. Nous allons nous centrer sur la construction du questionnaire de
recherche dont les mesures qu’il recueil sont opérationnalisées par des échelles. En d’autres termes,
dans ce chapitre nous traiterons le questionnaire, nous verrons comment sélectionner le type de
questionnaire le mieux adapté à la situation de la recherche, mais aussi comment planifier le
questionnaire. Plusieurs tâches doivent être accomplies, notamment celles concernant les différents
types de questions, leurs relations et leur contenu. Des décisions sur le contenu de la question, sur la
formulation des questions, des décisions sur le format de la réponse, sur le type d’échelle de mesure que
le questionnaire adoptera, sur le nombre de points de l’échelle.
Définitions de base :
L’enquête est une « méthode interrogative » (Matalon, 1992). A condition d’accepter le principe selon
lequel les objets psychologiques de la pensée son des objets mesurables, l’enquête permet de mesurer la
perception que les individus ont des objets et des événements sociaux. L’enquêteur provoque la
situation et met les individus en situation afin de leur faire dire leurs points de vue, leurs attitudes, leurs
croyances, leurs représentations et tout autre phénomène psychologique supposé être à l’origine des
comportements et des savoirs des individus.
La recherche par enquête est l’un des domaines les plus importants d’investigation et de mesure dans le
champ social appliqué. Comme nous l’avons indiqué, une « enquête » peut prendre la forme de
réponses courtes à un questionnaire papier-crayon ou d’un discours produit lors d’un entretien, tête-à-
tête, intensif et en profondeur.
Le questionnaire se présente comme une suite de propositions ayant une certaine forme et un certain
ordre sur lesquels on sollicite l’avis, le jugement ou l’évaluation d’un sujet interrogé. Cet avis, ce
jugement ou cette évaluation est mesuré grâce au positionnement du répondant sur une échelle.
(Mucchielli, 1979).
Une échelle est un dispositif pour attribuer des unités d’analyse, en général des nombres, aux
catégories d’un variable, “on les utilisent lorsque ce qui est mesuré est ordonnable en une suite de
niveaux se succédant progressivement (GDP)”. Une échelle de mesure est donc un ensemble de
Enquête : questionnaire et échelles. Eduardo MARQUEZ
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modalités ou des valeurs observables d’une certaine variable. En psychologie, une échelle est un
instrument construit pour mesurer la perception, les opinions, les attitudes, les croyances, les normes,
les intentions et d’autres représentations que les individus possèdent à l’égard des individus, groupes,
objets, événements et actions. Plus techniquement, une échelle est une distribution, pour une
population donnée d’objets, de fréquences multivariées d’un univers d’attributs, mais cette définition
n’est possible que si on dérive de la distribution une variable quantitative de sorte que chaque attribut
soit une fonction simple de cette variable quantitative.
Il doit y avoir une correspondance entre cette variable de l’échelle et les valeurs que les attributs
prennent. C’est ainsi que l’échelle sera en mesure de garantir l’application d’une des propriétés
fondamentales pour laquelle elle a été conçue : l’ordre. (Guttman, 1944, p. 140-141).
Cette définition est en concordance avec la définition plus large que Judd et McClelland (1998)
proposent aujourd’hui : une échelle, disent-ils, c’est le modèle ou la description compacte que nous
construisons à partir des observations par l’intermédiaire de la mesure. L’attribut ou la régularité (le
contenu) que l’échelle est censée représenter, c’est le construct sous étude.
Le construct (toujours hypothétique en psychologie) est l’objet même de la procédure
d’opérationnalisation, cette procédure peut être représentée en termes d’un réseau nomologique que
nous présentons ci-après.
Le Réseau Nomologique
Qu’est-ce que le réseau nomologique ? Le réseau nomologique est la modélisation formelle d’un
processus d’opérationnalisation de concepts. Développé par Cronbach et Meehl (1955) ce modèle
s’attache à l’élaboration de normes de validité pour les tests psychologiques. Le réseau nomologique
vise à rendre compte de la validité de construit. Afin de fournir la preuve que la mesure possède la
validité de construit, on doit développer un réseau nomologique pour organiser les mesures. Ce réseau
inclurait le cadre théorique de ce qu’on essaye de mesurer, et un cadre empirique pour savoir comment
on va le mesurer, et la spécification des liens parmi et entre ces deux cadres.
Le réseau nomologique est fondée sur un certain nombre de principes qui guident le chercheur en
essayant d’établir la validité de construit. L’homologie et la cohérence sont deux principes généraux qui
participent à cette construction. On peut énumérer d’autres principes spécifiques :
Enquête : questionnaire et échelles. Eduardo MARQUEZ
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a. Les lois dans un réseau nomologique concernent les propriétés ou les quantités observables de
plusieurs constructs théoriques entre eux, ainsi que leurs relations avec des constructs
théoriques observables (les indicateurs des variables théoriques).
b. La règle de base pour l’ajout d’un nouveau construct ou d’une relation à une théorie est qu’elle
doit générer des lois (nomologiques) confirmées par l’observation ou bien réduire le nombre de
nomologiques nécessaires pour prédire certains observables.
c. Les opérations qui sont qualitativement différentes “chevauchement” ou “mesurent la même
chose” si leurs positions dans le réseau nomologique les lient ensemble à la même variable du
construct. En d’autres termes, deux ou plusieurs indicateurs empiriques (observables) «
qualitativement différents » participent à la mesure du même concept, de la même variable, si
leur position respective les lie ensemble au même concept. Il s’agit donc de mettre en liaison le
domaine conceptuel, théorique à celui des observables, des indicateurs empiriques du concept
abstrait, car cela est la préoccupation centrale de la validité de construit.
(http://www.socialresearchmethods.net/kb/nomonet.php)
La figure suivante montre un modèle général du réseau nomologique.
Enquête : questionnaire et échelles. Eduardo MARQUEZ
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? Construct hypothétique : Ce sont les concepts que nous voulons mesurer et les relations qu’ils
entretiennent. Par exemple, l’ethnocentrisme, le préjugé, la discrimination, l’attitude, etc.
? Relations entre constructs (concepts théoriques)
? Indicateurs empiriques (observables) des constructs théoriques
? Relations entre les constructs théoriques et leurs indicateurs empiriques
? Relations entre indicateurs empiriques
1. Le modèle représenté dans la figure suivante est un réseau nomologique, il représente
l’ensemble de construits (concepts), les relations entre ceux-ci et les valeurs associées à ces
relations obtenus dans une recherche empirique (voir la célèbre Théorie du comportement
planifié (Ajzen, 1985, 1991))
1
.

1 La théorie de l’action raisonnée (TAR) est un modèle développé par Fishbein et Ajzen (1975), il définit les liens entre les
croyances, les attitudes, les normes, les intentions et les comportements des individus. Selon la TAR, le comportement est
influencé par les intentions individuelles de comportement. Celles-ci sont déterminées par les attitudes envers ce
comportement et par les normes subjectives.
Enquête : questionnaire et échelles. Eduardo MARQUEZ
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On voit bien qu’il s’agit d’un procédé analytique qui consiste à décomposer un construct ou concept
théorique représentant des phénomènes plus ou moins complexes, en un ensemble de parties
élémentaires établissant des relations entre elles et leur articulation avec les dits phénomènes. On parle
également du processus d’opérationnalisation d’un concept théorique en termes d’indicateurs
empiriques. Le réseau nomologique est un modèle qui permet de visualiser et comprendre comment ces
éléments théoriques et empiriques se trouvent reliés entre eux et comment ils s’articulent pour donner
une image claire du processus global.
Ce qui nous intéresse ici ce sont les observables, les indicateurs empiriques qui résultent d’un processus
d’opérationnalisation (démarche qualitative) et constituent les objets de la mesure (démarche
quantitative).
Des échelles de mesure et types de variables.
La psychologie moderne, quantitative et expérimentale, a commencé avec la publication en 1860 de
« Elemente der Psychophysik » par G. T. Fechner. Un physicien allemand préoccupé par des questions
psychologiques. A l’origine donc de la mesure en psychologie, la figure de Fechner s’impose. Le but de
la mesure psychophysique, telle qu’elle fut conçue par Fechner, est de quantifier l’intensité des
sensations. Considérons un ensemble de stimuli, qui ne varient que par rapport à un seul attribut
physique quantitatif, directement discernable, (par exemple, un ensemble de billes sphériques, toutes de
même couleur et volume, mais de poids variable). L’idée derrière la psychophysique de Fechner était
que la présentation de chaque stimulus donne lieu à un état mental, une sensation (par exemple, la
sensation de lourdeur produite par un marbre tenu dans la paume de la main) : la grandeur physique du
stimulus et l’intensité de la sensibilité correspondante sont liées par une formule mathématique (ou
fonction) spécifique à cet attribut (par exemple, le poids). Pour Fechner il y a donc une relation entre
les attributs du stimulus et la nature (intensité, direction ou force) de la réponse, mais plus important
encore l’idée que cette relation puisse être médiatisée par une activité ou un état cognitif.
Enfin, l’influence de la mesure des seuils et des capacités discriminatoires sensoriels fondateurs de la
psychophysique (Fechner- 1860), soit la mesure des actes mentaux et des réponses physiologiques de
l’organisme a donné lieu à la méthode des temps de réaction (F.C.Donders- 1862) et à la chronométrie
mentale ; à la mesure quantitative de la mémoire et de l’apprentissage (Ebbinghaus- 1885) ; à la mesure
des différences des capacités individuelles (F. Galton- 1883). Notons que le domaine de la psychologie
des différences individuelles a été développé, de manière concomitante avec la méthode statistique
appliquée aux sciences sociales par A. Quételet, en 1835.
Enquête : questionnaire et échelles. Eduardo MARQUEZ
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Plus proche de nous, Alfred Binet, a estimé que les résultats des tests n’étaient pas une base adéquate
pour la mesure de l’activité mentale. Binet l’affirme catégoriquement par rapport à son échelle de l’âge
mental : « L’échelle, à proprement parler, ne permet pas la mesure de l’intelligence, parce que les
qualités intellectuelles ne sont pas superposables et ne peuvent donc être mesurées comme des surfaces
linéaires » (1905, p. 40). Il est cependant parfaitement raisonnable d’essayer d’expliquer les coefficients
de corrélation positive entre les scores des tests mentaux en postulant les causes sous-jacentes
courantes.
Que les attributs psychologiques qui caractérisent les phénomènes susceptibles d’être mesurés tels les
représentations mentales, les émotions, l’intelligence, les habilités, les capacités, les attitudes, etc., pour
que la psychologie quantitative puisse accéder au rang d’une science « honorable », elle pourrait exiger la
démonstration empirique que ses attributs hypothétiques sont quantitatifs comme une condition
nécessaire pour des applications responsables et que la science devrait précéder aux applications
pratiques de la psychologie. Ainsi, la définition d’une unité de mesure se pose-t-elle, et là, la psychologie
se heurte à des problèmes par fois « incommensurables ». En physique, par exemple, pour prendre un
exemple bien parlant, on sait que le mètre est une longueur spécifique : « la longueur du trajet parcouru
par la lumière dans le vide pendant un intervalle de temps de 1 / (299 792 458) seconde ». En
psychologie on va adopter des positions relatives à la mesure, souvent l’écart entre deux variables et
l’importance de celui-ci, les analyses factorielles, les analyses corrélationnelles et les analyses de variance
sont des systèmes de mesures qui vont tenter de rendre compte de l’envergure d’une différence
observée entre deux (ou plusieurs) variables, et répondre au problème de la mesure de phénomènes
psychologiques.
Les représentations numériques ne sont que des relations empiriques identifiées d’un point de vue
opérationnel, McGregor, (1935, cité par Michell, 2004) en conclut que « la mesure psychologique,
comprise en termes opérationnels, est un fait accomplie ». Examinons brièvement ce qu’opérationnel
veut dire dans cette approche représentationnelle de la mesure en psychologie.
L’OPERATIONNALISATION.
Stevens (1951) a développé sa propre théorie sur les différents types d’échelles de mesure, aujourd’hui
célèbres et célébrées dans tous les chapitres et manuels de méthodologie et de psychométrie, ce sont les
échelles nominal, ordinal, d’intervalle et de rapport que nous aborderons plus loin.
Stevens adopte une posture représentationaliste de la mesure :
Enquête : questionnaire et échelles. Eduardo MARQUEZ
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Indiquons d’abord que l’opérationnalisation est un processus général dans la recherche empirique qui
consiste en un ensemble de transformations d’un concept abstrait en un ensemble d’attributs qui
définissent empiriquement ce concept. Guilford () indique que ‘numbers are used to represent the results of
certain operations that have been performed’.
Selon Michell (1993), l’idée de Bertrand Russell est que la mesure implique une correspondance
biunivoque entre les grandeurs d’une quantité et un sous-ensemble de l’un ou l’autre des systèmes
numériques, intégrale, rationnelle ou réelle, de telle sorte que l’ordre des grandeurs soit représenté par
l’ordre des numéros correspondants. Ceci, à ma connaissance, est la première déclaration explicite de la
représentation de la mesure (Michell, 1993).
Ainsi, les nombres attribués aux objets prennent leur sens empirique dans les relations définies
opérationnellement entre les objets. Si la mesure implique l’assignation numérique aux choses
(perspective représentationnelle) selon des opérations définies, alors, selon l’opérationalisme, la mesure
elle-même, est fonctionnellement définie par les caractéristiques générales de ce processus.
À proprement parler, du point de vue opérationnel, il n’existe pas de telles propriétés ou relations et la
représentation numérique ne peut être que des relations définies par les opérations effectuées sur ces
objets. Le concept d’opération était la catégorie fondamentale de la science.
Dans un sens très large, l’opérationnalisation exige la définition formelle de tout le processus de la
recherche, elle doit établir concrètement la nature des relations entre les différents éléments qui
participent à la structure et mise en place d’une recherche. Le point central est toutefois
l’opérationnalisation entre les mesures numériques et les attributs mesurable des phénomènes. Nous ne
pouvons pas développer ici cette discussion qui aussi bien technique que philosophique et
méthodologique (voir Michell, 2004).
Les échelles sont des instruments techniques comportant une suite de valeurs servant de moyen de
mesure ou d’évaluation des phénomènes que l’on observe en psychologie. Ces phénomènes ne
possèdent pas intrinsèquement des unités de mesures empiriques, comme la longueur, la largeur, le
poids, la taille etc. On considère qu’une échelle de mesure en psychologie est isomorphe au phénomène
qu’elle prétende mesurer, trois structures ont été privilégiées dans la construction d’échelles : une
structure concernant la classification des objets de mesure, une autre sur l’ordre entre ces objets et une
dernière sur les distances supposées entre les éléments caractéristiques du phénomène qu’on observe.
Enquête : questionnaire et échelles. Eduardo MARQUEZ
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Les échelles nominales, ordinales, d’intervalle et de rapport (introduites par S.S. Stevens dans les années
1950) ont été privilégiées pour mesurer les phénomènes psychologiques. Elles répondent
respectivement aux exigences de classification, d’ordre, de distance ou des égalités de proportions, les
deux premières sont des échelles de mesure de variables qualitatives (noms des modalités des réponses,
ordre donné à des catégories de réponses), les deux dernières sont des mesures quantitatives permettant
de rendre compte de la distance entre deux valeurs ou scores et des proportions entre la grandeur d’une
mesure et une mesure de référence. Dans une perspective classique on considère, pour l’analyse
quantitative de ces données, que chacune de ces échelles fait appel à une procédure statistique
particulière que nous n’évoquerons pas ici. Par conséquent appliquer une échelle de mesure implique
d’abord identifier la nature des variables à mesurer.
En psychologie le travail de S. S Stevens (1951) a profondément marqué des générations d’étudiants et
de chercheurs. Il a construit une réflexion épistémologique fondée sur des observations
psychophysiologiques (Stevens, 1932, 1946). Au départ, on a considéré que les mesures des variables
psychologiques étaient impossibles en raison des problèmes inhérents à l’ordonnance et l’additivité des
perceptions sensorielles. Toutefois, Stevens a montré que les individus pouvaient faire des jugements
d’intensité (sonore) assez cohérents. Par exemple, ils pourraient juger un son à deux fois ou à la moitié
aussi fort qu’un autre son. Il a fait valoir que ce ratio permettait aux données provenant de ces mesures
d’être soumises à la manipulation mathématique. C’est dans ce contexte que Stevens a classé les
mesures dans quatre types d’échelles : nominale, ordinales, d’intervalle et de ratio. À peu près au même
temps que Stevens présentait ses arguments sur la légitimité de l’extension des mesures
psychophysiques, L. L. Thurstone jeté les bases mathématiques de l’analyse factorielle, mais plus
important encore dès 1928, Thurstone publie un article célèbre dans l’histoire de la mesure des
attitudes.2
Selon l’approche de Stevens (1946, 1951)3
la mesure commence avec l’identification d’un ensemble
d’objets empiriques et des relations empiriques entre ces objets. Chaque type d’échelle de mesure est
défini formellement par des transformations mathématiques dont la propriété de base est de préserver
l’invariance de la forme de l’échelle. Ces questions empiriques impliquent les idées de transformation et
d’invariance, et la nature de l’invariance détermine les types de traitements statistiques qui peuvent être

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2 Thurstone, L. L. (1928). Attitudes can be measured. American Journal of Sociology, 33, 529-54
3
Stevens, S. S. (1946). On the theory of scales of measurement, Science, 103, 667–80
Stevens, S. S. (1951). Mathematics, measurement and psychophysics, in S. S. Stevens, (ed.), Handbook of Experimental
Psychology, New York: Wiley, pp. 1–49
Enquête : questionnaire et échelles. Eduardo MARQUEZ
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admis et appliqués sur les données. Nous nous contenterons de rappeler, ici, les éléments originels de la
classification proposée par Stevens : l’échelle nominale, l’échelle ordinale et l’échelle d’intervalle et de
rapport. Pour une révision critique de la théorie de Stevens voir Michell (1999, 2004)
4

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